L’impact du capitalisme sur la créativité
vendredi 17 juillet 2026 à 13h14
Il est impossible de le contester, notre monde est capitaliste. Qu’on l’accepte ou non, c’est un fait qu’il faut accepter. Nos choix sont régis en premier lieu par l’impact financier qu’il peuvent avoir et c’est bien normal. Nous vivons dans une société ou une grande partie de la liberté s’achète, ce qui a pour conséquence d’inciter les individus à prendre la part la plus grosse du gateau. Je regrette ce fonctionnement bien que je puisse accepter qu’il est fonctionnel jusqu’à une certaine limite.
Cette limite est définie par le moment où notre patrimoine financier nous permet de vivre sans aucun problème matériel. Qu’on peut se permettre de vivre et d’acheter tout ce dont on à besoin pour subvenir à ses besoins et ceux de nos proches. Que nos activités sont toutes réalisables sans le moindre frein et sans impact sur autrui. Je pense que c’est bien l’impact de notre patrimoine qui dessine cette limite, un aspect rarement pris en considération.
L’impact est dans un premier lieu très concret : on se sert d’autrui pour sa propre réussite, on fait des choix par intérêt personnels et on met sa propre personne avant les autres. Ces choix là bien que difficile à appréhender pour certains sont des actes qui restent encore très tangibles. Le problème se situe au moment où notre fortune devient importante au point que son impact dépasse totalement notre esprit. Le fonctionnement de ce système nous détruit à partir du moment où l’on nous impose une façon de faire et de penser sans que l’on prenne la peine de le questionner. Énormément de moyens de domination de la population existent pour imposer une façon de penser car c’est un sujet très large mais je pense en particulier à la créativité.
Actuellement la grande partie de notre travail créatif est réfléchi pour être partagé, ce qui ouvre ce travail à la critique et à l’appréciation d’autrui. Mais cette créativité se laisse de plus en plus ronger par l’attraction du gain et la popularité potentielle que cela pourrait apporter à l’artiste. Cela touche tous les milieux mais je le constate en particulier dans deux milieux distincts : la musique et les vidéos.
Les mastodontes de la musique forgent totalement notre façon d’écouter (ou devrais-je utiliser ce terme immonde “consommer”) la musique. Nos goûts sont influencés voire sculptés par des stratégies qui essayent de catégoriser nos goûts à partir d’un échantillon infime de ce que l’on écoute réellement. Les systèmes de recommendations nous enferment dans des schémas qui nous poussent à écouter encore et encore les mêmes artistes sans même prendre la peine de connaître leur nom. La musique qui fût un jour une activité à part entière est maintenant devenue une énième consommation qui nous permet d’occuper notre cerveau pourri pendant une activité qui n’est pas suffisamment stimulante. Nous avons réussi à catégoriser les patterns utilisés dans les musiques pour en faire une science afin de la rendre attractive au plus grand nombre. Tout ce fonctionnement s’applique tout autant aux vidéos, et tout particulièrement à Youtube. Les recommandations ne sont même plus des chaînes auxquelles nous sommes abonnés, les titres et les miniatures sont toujours plus floues et obscures afin de nous inciter à cliquer sans nous laisser le choix éclairé de ce que l’on s’apprête à regarder.
Les créateurs et artistes de l’autre côté n’ont d’autre choix que de suivre ces schémas s’ils souhaitent vivre de leur activité, aussi faussement créative soit-elle. Il est nécessaire de suivre les modes et d’uniformiser son contenu pour espérer sortir du lot grâce à un coup de chance lié à l’algorithme de recommandation. Ce choix de cacher son contenu derrière des titres accrocheurs n’en est pas vraiment un. Je pense sincèrement que la créativité se fait bouffer peu à peu par ce système qui pousse les personnes à vouloir toujours plus, quitte à laisser leur bonheur immatériel sur le carreau.
Il serait temps de rependre le contrôle sur ces arts qui sont mis au placard au profit de notre dopamine et de la monétisation notre temps d’attention. Il serait temps d’être acteur de nos choix et de ne pas être une bête amorphe qui se fait nourrir en continu avec pour seul droit l’option du oui ou du non. Acceptons de faire des choses pour le simple plaisir de faire des choses et arrêtons de vouloir en tirer jusqu’au dernier centime à chaque création que nous publions. Gagner toujours plus d’argent et dominer est devenu une norme acceptée sans même que l’on ne sache pourquoi et il serait grand temps de la déconstruire. Partageons et vivons avec les autres sans avoir à constamment leur demander quelconque contrepartie.
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