La perte de sens featuring Claude Code
lundi 13 juillet 2026 à 15h57
Ça fait maintenant plusieurs années que les agents IA font partie du quotidien d’une grande partie de la population travaillant dans le tertiaire. Personne n’est passé à côté sauf peut être les quelques personnes que j’envie qui n’ont pas besoin de ces derniers ou qui ont des compétences suffisamment remarquable pour qu’on ne puisse pas les imiter.
Il y a quelques années j’ai eu la chance et le privilège de pouvoir choisir le domaine dans lequel je voulais poursuivre mes études. A cette époque, arrêter mes études n’était pas vraiment une option dans mon entourage sachant que j’avais une matière grise tout juste passable. Suffisamment passable pour que mes parents me poussent à trouver une branche scientifique qui paye suffisamment bien pour avoir une vie confortable. Il est vrai qu’à l’époque l’attrait de la richesse matérielle m’attirait bien plus que la richesse intellectuelle sans pour autant l’occulter totalement. Je voulais travailler dans un domaine connu pour ses opportunités grandissantes sans avoir besoin de vendre mon âme et finir ingénieur dans une entreprise dont le but était de dominer le marché du capitalisme. Naïf ? Totalement.
J’ai donc naturellement fait mes études en informatique, un milieu bien évidemment connu pour être mesuré et faire le bien dans le monde. J’ai fait ce qu’il fallait pour aller sur le marché du travail le plus rapidement possible et arrêter les études qui m’intéressaient mais qui m’auraient probablement mené à une entreprise où le chiffre passe avant le bien être des individus. Naïf ? J’ai donc fini dans une entreprise du merveilleux monde de l’assurance. Travail qui m’a étonnamment rendu heureux pendant très longtemps, non pas pour le côté technique très limité et encore moins pour le métier qui est exactement ce qu’on imagine : ennuyeux et toxique. Mon entourage professionnel était étonnamment bienveillant pendant de longues années mais après avoir perdu ce côté social que j’appréciais tant, j’ai décidé d’aller voir ailleurs si le bonheur que j’avais perdu y était. J’ai d’abord cherché des entreprises qui me satisferaient d’un point de vue technique mais le destin m’a envoyé dans une entreprise qui favorise le côté humain. Parfois la chance n’est pas là où on l’attend.
Pendant plusieurs mois j’y ai travaillé et ai appris beaucoup de choses en très peu de temps. De nouveaux sujets, de nouveaux collègues, un rythme tout à fait supportable. Ce qu’il fallait pour se sentir épanoui sans finir en burnout. Sont arrivé les agents de code qui au départ étaient très moyens mais qui permettaient de gagner du temps sur des tâches rébarbatives. Ils ont amélioré notre productivité et nos process. N’importe quel stagiaire pouvait se greffer sur la base de code d’un de nos projets et prendre le rythme très vite. Avec le temps, j’ai commencé à les utiliser des plus en plus sans me rendre compte que je travaillais de moins en moins. Je pouvais faire une quantité absolument monstrueuse de travail en une fraction de temps sans pour autant leur déléguer totalement la tâche. C’était agréable et j’avais l’impression d’être maître d’un travail de meilleure qualité.
La technologie a continué à évoluer rapidement et a fini par devenir vraiment irréprochable pour les tâches basiques à moyennes et plutôt décente pour les tâches complexes. Ma charge de travail fût déléguée de plus en plus aux agents de code jusqu’à arriver à un stade ou je n’écrivais presque plus rien. Stade que je rêvais d’atteindre quelques mois plus tôt et que je regrette désormais. Mes journées sont maintenant résumées à énoncer des tâches à un terminal pour qu’il fasse en 30min ce que j’aurai fait en 6h. Je pense que je pourrais produire quelque chose de qualité équivalente à ce qui est fait mais j’ai de plus en plus de mal à me dire que mon intervention puisse apporter quelque chose que l’agent ne pourrait pas faire. J’ai essayé de reprendre le code en l’écrivant moi même mais je ne peux que me rendre compte que je perds un temps faramineux sur quelque chose qui pourrait être fait de la même manière en dix fois moins de temps. Qu’on soit bien d’accord, personne ne me demande d’aller aussi vite mais une fois qu’on a commencé à sortir des fonctionnalités à la pelle et que les stagiaires sont plus efficaces que vous on ne se questionne plus vraiment.
Je suis donc réduit à perdre peu à peu mon intérêt pour mon métier et le monde de l’informatique de manière générale car j’ai l’impression qu’on me l’a pris des mains. Ne serait-il pas temps d’aller trouver le bonheur encore ailleurs ?
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