Le cocktail amer
lundi 13 juillet 2026 à 15h24
S’il y a bien quelque chose qui a grandement changé ma façon d’aborder mes problèmes et mes questionnements c’est le fait de tout poser par écrit dans un journal. Avoir un plan détaillé, aussi chaotique soit-il décharge mon cerveau d’une énorme partie des mauvaises pensées qui s’y accumulent. Ça ne résout pas mes problèmes, ne donne pas réponses à mes questions et je crois que ça n’est pas le but. En revanche, ça me permet de pouvoir me pencher sur ces sujets encore et encore, de les faire resurgir de mon subconscient pour y ajouter des questionnements supplémentaires ou en écarter d’autres. Tout ça me paraissait encore abstrait et presque ridicule il y a quelques mois mais au bout d’un moment quand réfléchir et tourner ses pensées dans tous les sens ne sert plus à rien, il faut parfois essayer d’autres pistes. J’ai essayé d’en faire la promotion auprès de mes proches mais je sens bien que l’idée à eu le même écho que pour moi il y encore moins d’un an.
Mon journal m’a servi de brouillon ; de décharge ; d’éponge pour les mots qu’ils ne fallait probablement jamais prononcer à voix haute. Il m’a permis de calmer mon impulsivité et me rendre compte que parfois ma confiance en moi n’était pas aussi légitime que je pourrais le laisser paraître. Tout ça je le savais au fond de moi mais je n’avais jamais pris suffisamment de recul pour me faire la réflexion consciemment. Le recul que je m’autorise à prendre arrive souvent une fois qu’il est trop tard, une fois que mes pensées ont été déversées sur tout le monde sans avoir pris le temps de les écouter. Je pense avoir un complexe de supériorité ou une connerie dans le genre, couplé avec un problème de manque d’attention et de confiance en moi. Un joyeux mélange que je me suis bien évidemment auto-diagnostiqué par peur de l’entendre de la bouche d’autrui. Un cocktail que je bois quotidiennement et que j’analyse petit à petit pour en comprendre les subtilités.
On m’a parlé quelques fois maintenant des journaux visant à être reconnaissant envers soi même chaque jour et, même si j’entends que cela peut avoir un réel impact positif sur quelqu’un, je pense que ça n’a aucun intérêt pour moi. J’écris majoritairement mes pensées dans mon journal pour les sortir de ma tête et pouvoir y penser quand mon esprit est plus clair. Je ne comprends pas pourquoi j’y écrirais des pensées positives. Je n’ai ni l’envie de les sortir de ma tête, ni l’envie d’analyser mon bonheur. Je sais comment vivre avec mon bonheur, par contre je n’ai jamais imaginé pouvoir vivre avec mon malheur. Comme beaucoup j’ai toujours cherché à le limiter pour souffrir le moins possible et, après réflexion, je trouve cette idée stupide car limiter son malheur reviendrait probablement à limiter les actions qui font de ma vie ce qu’elle est et la raison pour laquelle je pense qu’elle mérite d’être vécue. Je pense que le malheur mérite de faire partie intégrante de ma vie dans le sens où je dois pouvoir le comprendre pour vivre avec. Éviter un problème ne le fera jamais disparaître.
J’ai commencé à écrire ce blog avec des plans bien définis, thèse-antithèse-synthèse, comme on me l’a toujours appris. J’y prenais goût mais les posts avaient l’air forcés. Finalement, je me suis mis à déverser mes pensées en cascade sur une page vide un peu comme je le ferais pour mon journal. Je ne relis qu’a moitié et mon plan est globalement inexistant mais j’espère que ça lui donne un charme, en tout cas moi je lui trouve un charme et me donne envie de continuer d’y déverser mes pensées.
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